Un télescope révèle les premières images de la ‘toile cosmique’ dans l’Univers

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Ce filament d’hydrogène (en bleu) est situé à 11,5 milliards d’années-lumière et s’étend sur plus de 15 millions d’années-lumière. © Roland Bacon, David Mary, ESO et NASA

Au sein de l’Univers se tisse une “toile cosmique”, des filaments de gaz d’hydrogène longs de plusieurs millions d’années-lumière, dans lesquels se forment les galaxies. Si le phénomène est connu, il n’avait en revanche pas encore été documenté en image. C’est désormais chose faite, puisque plusieurs de ces filaments ont été captés à l’aide de l’instrument MUSE du Very large telescope (VLT) de l’ESO (European southern observatory) au Chili. L’observation a également permis de révéler “la présence inattendue de milliards de galaxies naines dans ces filaments”, indique le CNRS dans un communiqué de presse.

“Observer directement la faible lueur du gaz formant ces filament était un Graal” de la cosmologie, affirme le CNRS dans un communiqué de presse, un objectif qui a donc été atteint par une équipe de recherche internationale, dirigée par Roland Bacon, chercheur CNRS au Centre de recherche astrophysique de Lyon. Cette découverte a fait l’objet d’une étude publiée dans la revue scientifique Astronomy & Astrophysics.

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Simulation cosmologique de l'Univers. Jeremy Blaizot/Projet SPHINX
Simulation cosmologique de l’Univers. Jeremy Blaizot/Projet SPHINX

La tâche n’a pas été aisée, puisque cette découverte est le fruit d’une longue planification en amont d’une campagne d’observation de huit mois, suivie d’une année dédiée au traitement et à l’analyse des données. L’équipe scientifique a notamment utilisé l’instrument MUSE (Multi unit spectroscopic explorer) — un assemblage de 24 spectrographes 3D — installé sur le VLT et a “fait le pari” de se concentrer sur une seule et unique région du ciel pendant plus de 140 heures”, indique le CNRS. Cette zone fait partie du “champ ultra profond de Hubble”, qui représente “l’image la plus profonde du cosmos jamais obtenue”… jusqu’à récemment, puisque l’étude menée par Roland Bacon fait état de galaxies qui n’avaient pas encore été détectées par le télescope spatial.

Les images obtenues représentent des filaments “tels qu’ils étaient 1 à 2 milliards d’années après le Big Bang”. Et ce sont des simulations qui ont permis de révéler la présence de milliards de galaxies naines, indétectables individuellement car trop faiblement lumineuses. “Leur existence aura d’importantes conséquences pour les modèles de formation de galaxies, conséquences que les scientifiques commencent tout juste à explorer”, précise le CNRS.

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